Définition
Account-based marketing (ABM)
L'account-based marketing, ou ABM, est une stratégie B2B qui cible une liste restreinte d'entreprises choisies à l'avance plutôt qu'un large public. Marketing et ventes travaillent chaque compte comme un marché à part, avec des messages adaptés à ses enjeux et à chacune des personnes qui participent à la décision.
Par Mo Alani, fondateur de MimikFlow
Qu'est-ce que l'account-based marketing ?
Le marketing classique lance un filet large et trie ensuite les prospects qui mordent. L'ABM fait l'inverse : il choisit d'abord les entreprises visées, puis construit l'effort autour de chacune. L'approche a été formalisée au début des années 2000 par l'ITSMA, une association professionnelle du marketing des services technologiques.
Le mot « compte » désigne une entreprise cliente ou visée. Dans une vente complexe, plusieurs personnes participent à la décision : un dirigeant, un responsable opérationnel, un acheteur, parfois un technicien. L'ABM cherche à toucher chacune avec le message qui la concerne.
C'est une approche exigeante. Elle convient quand chaque client potentiel représente beaucoup d'argent, et beaucoup moins quand tu vends une petite prestation à des milliers d'indépendants.
Comment fonctionne une démarche ABM ?
Première étape : choisir les comptes. On part du profil de client idéal, puis on sélectionne une liste courte, parfois vingt ou cinquante entreprises, rarement plus de quelques centaines.
Les critères de choix mêlent l'adéquation et le potentiel : l'entreprise ressemble-t-elle à tes meilleurs clients, quel contrat pourrait-elle représenter, montre-t-elle un signal récent comme un recrutement ou une levée de fonds ? Une liste courte et argumentée vaut mieux qu'une liste longue remplie par habitude.
Deuxième étape : cartographier chaque compte. Qui décide, qui influence, qui utilisera la solution ? Quels sont les enjeux du moment : recrutement, expansion, nouveau dirigeant, projet annoncé ?
Troisième étape : coordonner les actions. Le marketing produit des contenus adaptés au secteur ou au compte, les commerciaux contactent les bonnes personnes avec un message qui s'appuie sur ces enjeux, et les deux équipes suivent ensemble l'avancement de chaque compte.
Quelle différence entre ABM et prospection classique ?
La prospection classique mesure le volume : combien de contacts, combien de réponses. L'ABM mesure la progression dans chaque compte : combien de personnes touchées, combien engagées, où en est la décision.
Les deux se complètent souvent. Une équipe peut prospecter largement pour trouver des clients de taille moyenne et mener en parallèle une démarche ABM sur ses vingt comptes prioritaires.
La différence se voit aussi dans les messages. En prospection large, un message personnalisé sur la personne suffit. En ABM, le message s'appuie sur la situation de l'entreprise et relie les interlocuteurs entre eux.
Comment mesurer une campagne d'account-based marketing ?
Les indicateurs se lisent par compte. Couverture : combien de personnes clés du compte ont été contactées ? Engagement : combien ont répondu, visité le site ou participé à un échange ? Progression : le compte a-t-il avancé d'une étape dans le pipeline ?
Sur la durée, compare le taux de signature et la taille moyenne des contrats des comptes ABM avec ceux du reste de ton activité. Si l'ABM coûte plus cher par compte sans rapporter des contrats plus gros, il ne se justifie pas.
Accepte enfin un cycle plus long. Une démarche ABM sur de grands comptes se juge rarement en quelques semaines.
Quelles erreurs éviter en ABM ?
Choisir trop de comptes. Avec cinq cents entreprises, on ne fait plus d'ABM, on fait de la prospection classique déguisée, sans le travail de fond qui fait la différence.
Ne parler qu'à une personne par compte. Si ton seul contact change de poste, tout est à refaire, et une décision collective se gagne rarement avec un seul allié.
Oublier la coordination. Trois commerciaux qui écrivent à trois personnes de la même entreprise, sans se parler, avec trois messages différents, donnent une impression d'amateurisme dont le compte se souviendra.
Comment appliquer l'ABM sur LinkedIn ?
LinkedIn se prête bien à l'ABM, parce qu'il permet d'identifier les personnes d'une entreprise par leur poste et de suivre leurs publications. Une liste de comptes devient vite une liste de personnes à contacter, avec pour chacune un contexte récent.
Dans MimikFlow, tu peux importer une liste de profils LinkedIn dans une campagne dédiée, avec sa propre cible et ses propres consignes, et écrire pour un prospect précis une trame de conversation qui ne s'applique qu'à lui. Les listes « ne jamais contacter » par entreprise, par nom ou par profil évitent d'écrire à un client existant ou à un compte suivi autrement. Les signaux datés, comme un recrutement ou une levée de fonds, aident à choisir le moment.
À quoi ça ressemble en pratique ?
Exemple
Exemple : 30 comptes, 3 personnes par compte
Illustration. Un éditeur de logiciel RH choisit 30 entreprises de 200 à 1 000 salariés qui recrutent beaucoup. Pour chacune, il identifie trois personnes : la direction des ressources humaines, un responsable du recrutement et la direction financière. Chaque message part d'un fait sur l'entreprise, par exemple le nombre de postes ouverts, et s'adapte au rôle de la personne. Pendant deux mois, l'équipe suit une seule question par compte : combien de ces trois personnes ont répondu, et le compte a-t-il accepté un rendez-vous ?
Tu te poses encore une question sur Account-based marketing (ABM) ?
- Que veut dire ABM ?
- ABM signifie account-based marketing, que l'on traduit parfois par marketing des comptes stratégiques. C'est une stratégie qui concentre l'effort commercial et marketing sur une liste d'entreprises choisies à l'avance.
- L'ABM convient-il aux petites entreprises ?
- Oui, si elles vendent cher à peu de clients. Un cabinet de conseil qui vise trente entreprises de sa région peut faire de l'ABM sans outil spécialisé : une liste, des recherches, des messages soignés. Pour vendre peu cher à beaucoup de clients, la prospection classique est plus adaptée.
- Combien de comptes cibler en ABM ?
- Assez peu pour que chacun reçoive un vrai travail de fond. Selon la taille de l'équipe, cela va de quelques dizaines à quelques centaines. Au-delà, l'approche perd ce qui la distingue.
- Faut-il un logiciel spécialisé pour faire de l'ABM ?
- Pas pour commencer. Une liste de comptes, un CRM qui regroupe les contacts par entreprise et un canal comme LinkedIn suffisent. Les plateformes dédiées deviennent utiles quand le nombre de comptes et de personnes dépasse ce qu'une équipe peut suivre à la main.
Quels termes lire ensuite ?
- ICP (profil client idéal)L'ICP (Ideal Customer Profile, ou profil client idéal) décrit le type d'entreprise et de personne pour qui ton offre marche le mieux : secteur, taille, rôle, situation.
- DécideurLe décideur est la personne qui a le pouvoir de dire oui à un achat et d'engager le budget.
- TAM (Total Addressable Market)Le TAM, pour Total Addressable Market, est le marché total adressable : le chiffre d'affaires maximal que tu pourrais réaliser si tous les clients possibles achetaient ton offre.
- Signal d'achatUn signal d'achat est un fait observable et daté qui laisse penser qu'une entreprise ou une personne a besoin de ton offre maintenant : un recrutement, une prise de poste, une levée de fonds, une réaction à une publication.
- Prospection outboundLa prospection outbound, ou prospection sortante, consiste à aller chercher les clients plutôt qu'attendre qu'ils viennent : tu choisis les entreprises et les personnes à contacter, puis tu les approches par téléphone, email ou message LinkedIn.
- Cycle de venteLe cycle de vente est la suite d'étapes et le temps qui séparent le premier contact avec un prospect de la signature.
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